Souffrance et fierté pour Christian Vachon


Il réussit le tour du lac Memphrémagog en solo en 12h29

EXPLOIT. Christian Vachon a beaucoup souffert durant son tour du lac Memphrémagog en solo, samedi dernier. Mais une blessure à la jambe, 123 km de bitume et 12h29m29 d’efforts étaient sans doute un mince prix à payer pour franchir la ligne d’arrivée en héros et boucler une magnifique journée qui a rapporté plus de 315 000 $ pour les enfants défavorisés et la persévérance scolaire.

Victime d’une périostite à la jambe gauche sur le chemin du retour, Vachon a dû combattre une intense douleur entre Newport et Magog.

Heureusement, son équipe de soutien et sa grande motivation lui ont permis de croiser le fil d’arrivée à 20 h à l’école secondaire de La Ruche, à l’endroit même où il avait pris le départ à 7 h 30 le matin. «Quand j’ai vu la blessure s’installer, je savais que les 40 derniers kilomètres seraient pénibles. Il n’était pas question, toutefois, que j’abandonne à ma dernière grosse course à vie», a lancé le Magogois de 38 ans.

«Étant donné que la douleur était plus vive dans les descentes, je marchais dans les cotes et je regagnais le temps perdu sur le plat. J’ai malgré tout vécu des moments magiques dans les derniers kilomètres. Plusieurs ont couru à mes côtés, dont Vincent Vallières, et tous les gens significatifs pour moi m’accompagnaient ou m’attendaient à l’arrivée. Je me suis fait un beau cadeau avec cette course et plusieurs souvenirs sont gravés pour longtemps dans ma mémoire», a-t-il laissé entendre.

C’était vraiment la dernière

Considéré comme un héros ou même un surhomme par plusieurs, Christian Vachon assure que ce deuxième tour du lac en solo – il l’avait fait une première fois en 2006 – était véritablement son dernier en carrière.

Confiné au repos forcé pour une période minimum de deux semaines, le fondateur du Relais du lac Memphrémagog a même été mis en arrêt de travail par son médecin. «Mes enfants se demandent comment je fais pour courir 125 km une journée et être incapable de marcher lendemain», lance-t-il en riant.

«En devenant moi-même un participant la journée de la course, j’ai pu constater à quel point les gens qui m’entourent font un job extraordinaire. Plusieurs ont pris des tâches supplémentaires pour combler mon absence sur le terrain. Mais, malgré tout ça, c’est sûr et certain que je ne retournerai pas courir l’an prochain», a-t-il promis